Logo_1

Quel est l’avantage pour un TNS de bénéficier de la loi Madelin ?

Publié le 10 mars 2026

Les travailleurs non-salariés (TNS) disposent d’une protection sociale moins complète que celle des salariés. Ils doivent notamment financer eux‑mêmes leur retraite complémentaire et certaines garanties de prévoyance.

Pour encourager ces professionnels à se constituer une protection plus solide, le législateur a instauré en 1994 un régime spécifique, connu sous le nom de loi Madelin. Voici ses avantages.

La loi Madelin : un contrat réservé aux indépendants

Les contrats dits « Madelin » sont des assurances privées et facultatives destinées à apporter aux indépendants une couverture complémentaire à celle fournie par la Sécurité sociale.

Ces contrats proposent différentes prestations : retraite supplémentaire, prévoyance (maladie, maternité, invalidité, décès) et garantie en cas de perte d’emploi pour les travailleurs non-salariés.

Leur particularité est qu’ils sont strictement réservés aux travailleurs indépendants. Les cotisations versées pour bénéficier de ces contrats peuvent être déduites du revenu imposable, même si elles demeurent soumises aux cotisations et contributions sociales. L’objectif est de compenser l’absence de couverture collective et d’inciter les TNS à s’assurer contre les aléas de la vie.

TNS et loi Madelin : des conditions strictes pour profiter de l’avantage fiscal

Pour que les cotisations soient déductibles, le contrat doit répondre à plusieurs conditions fixées par l’administration fiscale. Selon la fiche d’information des services fiscaux, seules sont déductibles les cotisations versées à des contrats comportant :

  • des versements réguliers quant aux montants et à la périodicité ;
  • un versement à terme sous forme de rente, sans possibilité de versement en capital ;
  • l’interdiction de racheter le contrat avant la retraite (sauf rachat social) ;
  • l’interdiction de verser un capital en cas de décès, la prestation devant être servie sous forme de rente viagère.

Le montant des cotisations Madelin déductibles doit être reporté dans la déclaration de revenus (cases 6 QS à 6 QU, selon la catégorie de revenus). Cette déclaration ne crée pas de double avantage fiscal : elle permet simplement de calculer correctement le plafond de déduction disponible.

Un avantage fiscal concret : la déduction des cotisations

Le principal intérêt des contrats Madelin est de pouvoir déduire les cotisations du bénéfice imposable. La loi précise que la déduction est plafonnée selon une formule qui combine une part proportionnelle aux revenus et une part forfaitaire liée au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS).

L’article 154 bis du Code général des impôts prévoit que, pour les garanties de prévoyance et de santé, les cotisations sont déductibles « dans la limite d’un montant égal à la somme de 7 % du montant annuel du plafond de la sécurité sociale et de 3,75 % du bénéfice imposable, sans que le total ainsi obtenu puisse excéder 3 % de huit fois le montant annuel du plafond précité ».

Autrement dit, la déduction maximale se calcule comme suit :

  1. On additionne 3,75 % du bénéfice imposable et 7 % du PASS.
  2. On compare ce résultat au plafond global fixé à 3 % de huit PASS (soit 3 % de 8 × PASS) et on retient le plus petit des deux montants.

Cette formule garantit que la déduction reste proportionnelle aux revenus tout en étant encadrée par un plafond absolu.

Les contrats de garantie perte d’emploi disposent d’une formule de plafonnement distincte fixée par le même article 154 bis : la déduction est limitée au plus élevé des deux montants suivants : 1,875 % du bénéfice imposable (dans la limite de huit PASS) ou 2,5 % du PASS. Pour les contrats de retraite supplémentaire, la déduction se calcule selon des règles propres au plan d’épargne retraite individuel (PER), successeur des contrats Madelin pour les nouvelles souscriptions.

Exemple de calcul avec le PASS 2026

Pour donner un ordre de grandeur, le PASS 2026 est fixé à 48 060 €. Supposons un travailleur indépendant dont le bénéfice imposable s’élève à 50 000 €. Le plafond de déduction des cotisations pour sa mutuelle et sa prévoyance se calcule comme suit :

Poste de calcul Valeur Commentaire
Bénéfice imposable 50 000 € Revenu professionnel du TNS
3,75 % du bénéfice imposable 1 875 € 3,75 % × 50 000 €
7 % du PASS 2026 3 364,20 € 7 % × 48 060 €
Somme des deux composantes 5 239,20 € Montant théorique déductible
Plafond global (3 % de 8 PASS) 11 534,40 € 3 % × (8 × 48 060 €)
Montant déductible 5 239,20 € La somme des composantes est inférieure au plafond global

Dans cet exemple, le TNS peut déduire jusqu’à 5 239,20 € de cotisations de son revenu imposable pour la complémentaire santé et la prévoyance. Si ses cotisations dépassent ce montant, l’excédent ne sera pas déductible et devra être réintégré dans le résultat fiscal. L’avantage fiscal est d’autant plus intéressant que le contrat améliore la protection sociale du TNS et qu’aucun impôt n’est appliqué sur les remboursements de frais de santé versés par la mutuelle.

Un dispositif en mutation : du Madelin au Plan d’épargne retraite

Les contrats Madelin ne sont plus commercialisés depuis le 1ᵉʳ octobre 2020. Les contrats en cours continuent toutefois de bénéficier de la déduction fiscale. Les travailleurs indépendants qui n’avaient pas souscrit avant cette date peuvent se tourner vers le plan d’épargne retraite individuel (PER), qui succède aux anciens contrats Madelin et PERP. Les règles de déductibilité des versements sur un PER restent proches (déduction du revenu imposable dans la limite d’un plafond global), mais le PER offre plus de souplesse pour la sortie en capital ou en rente et permet de regrouper l’épargne retraite dans un cadre unique.

Ce qu’il faut retenir

Pour un travailleur non-salarié, la loi Madelin représente un double intérêt. D’une part, elle permet de renforcer sa protection sociale en souscrivant des garanties de santé, de prévoyance ou de retraite adaptées à ses besoins, ce qui est d’autant plus important que les prestations servies par la Sécurité sociale ne couvrent qu’une partie des dépenses de santé et des risques de la vie professionnelle. D’autre part, elle offre un avantage fiscal non négligeable : les cotisations versées dans ce cadre peuvent être déduites du bénéfice imposable, dans la limite d’un plafond calculé en fonction du revenu et du PASS.

Ce dispositif reste ouvert aux contrats existants et, pour les nouvelles souscriptions, c’est le plan d’épargne retraite qui prend le relais. Dans tous les cas, avant de s’engager, il est conseillé aux indépendants d’évaluer leurs besoins de couverture, de vérifier les conditions du contrat et de se faire accompagner par un professionnel pour optimiser leur protection et leur fiscalité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicite

Articles populaires

Publicite

Nos autres articles

Restez informé !

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez l’actualité Curcumag