Les « psy » ne constituent pas un corps homogène : il existe des psychiatres (médecins spécialistes), des psychologues (professionnels de la santé mentale) et des psychopraticiens (praticiens de thérapies non réglementées). La prise en charge par l’Assurance maladie et par les complémentaires santé varie considérablement selon ces profils. On vous explique.
Psychiatrie : prise en charge par la Sécurité sociale
Le psychiatre est un médecin qui traite les troubles mentaux et peut prescrire des médicaments. Comme pour n’importe quel spécialiste, les remboursements dépendent du respect du parcours de soins coordonné : l’assuré doit être orienté par son médecin traitant. Seuls les 16‑25 ans peuvent consulter un psychiatre sans ordonnance et bénéficier d’un remboursement normal.
La base tarifaire d’une consultation en secteur 1 est de 55 € (60 € pour une consultation complexe). L’Assurance maladie rembourse 70 % du tarif (soit environ 36,50 € ou 40 €), après déduction d’une participation forfaitaire de 2 €. En secteur 2, le psychiatre peut pratiquer des dépassements d’honoraires. L’Assurance maladie rembourse alors 27,75 € à 36,50 € selon que le médecin adhère ou non à l’option de pratique tarifaire maîtrisée (OPTAM). Le reste à charge comprend le ticket modérateur (30 % du tarif de référence) et d’éventuels dépassements, mais ils peuvent être pris en charge par la mutuelle. En effet, la complémentaire santé rembourse en général le ticket modérateur et peut couvrir tout ou partie des dépassements d’honoraires. Les garanties varient selon le contrat ; certains niveaux prévoient un remboursement à 100 % de la base de remboursement, d’autres offrent une prise en charge renforcée pour les honoraires avec dépassements (OPTAM-ACO).
Psychologues : une prise en charge limitée
Le psychologue n’est pas médecin. Hors structures hospitalières et centres médico‑psychologiques (CMP), les consultations libérales ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie. Mais depuis 2022, l’État a créé le dispositif Mon soutien psy pour encourager l’accès à un accompagnement psychologique.
Le dispositif Mon soutien psy
Le dispositif Mon soutien psy permet d’accéder à un accompagnement psychologique encadré. En 2025, il offre jusqu’à 12 séances remboursées par an et chaque séance est facturée au tarif unique de 50 €. Dans ce cadre, l’Assurance maladie prend en charge 60 % du tarif conventionné, soit 30 € par séance, tandis que la complémentaire santé peut assumer les 40 % restants, soit 20 €. Ce dispositif est ouvert aux personnes dès l’âge de 3 ans souffrant de troubles anxieux ou dépressifs d’intensité légère à modérée et il nécessite une orientation médicale préalable. L’accès est conditionné au recours à un psychologue partenaire qui a signé la convention avec la Caisse primaire d’assurance maladie. En dehors de ce parcours encadré, il n’existe pas de base de remboursement des séances psy par l’Assurance maladie.
Séances de psychologue hors dispositif
En libéral, le prix d’une séance de psychologue varie souvent entre 50 et 90 €. Ces consultations ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale ; le coût total est donc supporté par le patient. Certaines mutuelles ont néanmoins mis en place des forfaits psychologue, qui prennent en charge un certain nombre de séances chez un psychologue, en dehors du dispositif Mon soutien psy. Le remboursement dépend entièrement de la nature du contrat : il peut être calculé par séance, avec un montant fixe, ou bien prendre la forme d’un plafond annuel.
Autres prises en charge
Les centres médico‑psychologiques (CMP) et les hôpitaux publics prennent en charge à 100 % les consultations de psychologue, l’Assurance maladie assumant entièrement leur coût. Il existe aussi des dispositifs spécifiques pour les étudiants et les enfants ; par exemple, le parcours Santé Psy Étudiant peut proposer des séances gratuites qui s’ajoutent à celles du programme Mon soutien psy.
Psychopraticiens : pratiques non reconnues et remboursement marginal
Le terme psychopraticien désigne des praticiens de thérapies brèves ou alternatives (thérapie comportementale, sophrologie, EMDR, etc.). Ce titre n’est pas réglementé ; aucune formation universitaire n’est exigée et les séances ne relèvent pas d’un cadre médical. De fait, les consultations avec un psychopraticien ne sont pas prises en charge par l’Assurance maladie.
Certaines mutuelles proposent un remboursement partiel ou total de ces séances dans le cadre de leurs forfaits « médecines douces ». Comme pour les psychologues libéraux, ces forfaits sont optionnels : ils prévoient un montant par séance et un nombre maximum de séances par an. La prise en charge est donc très variable et beaucoup de contrats n’incluent pas ce type de prestations.
Tableau comparatif des remboursements
Le tableau ci‑dessous récapitule les règles générales (hors situations particulières comme Affection de longue durée ou complémentaire santé solidaire). Les montants de remboursement indiqués se basent sur des séances en cabinet de ville.
| Type de praticien | Prise en charge par l’Assurance maladie | Intervention de la mutuelle |
| Psychiatre | Remboursement de 70 % du tarif de base (ex. 36,50 € pour une consultation à 55 €) dans le cadre du parcours de soins ; reste à charge plus élevé hors parcours et en secteur 2. | Prise en charge du ticket modérateur (30 % du tarif) et, selon les garanties, remboursement des dépassements d’honoraires (surtout si le praticien adhère à l’OPTAM/OPTAM‑ACO). |
| Psychologue conventionné « Mon soutien psy » | 60 % du tarif unique de 50 € par séance, dans la limite de 12 séances par an. | En contrat responsable, la complémentaire prend en charge les 40 % restants (20 € par séance). |
| Psychologue libéral hors dispositif | Aucune prise en charge par l’Assurance maladie; le coût (50 – 90 € en moyenne) est à la charge du patient. | Remboursement éventuel via un forfait psychologue ou médecine douce selon le contrat (ex. 25 € à 45 € par séance, avec 2 à 4 séances par an). |
| Psychopraticien (thérapies alternatives) | Aucune prise en charge par l’Assurance maladie. | Certaines mutuelles remboursent partiellement ces séances dans un forfait « médecines douces »; absence de prise en charge dans de nombreux contrats. |