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Mon soutien psy : comment ça marche ?

Publié le 18 décembre 2025

La France connaît depuis la crise sanitaire une hausse marquée des états anxio‑dépressifs. Santé publique France estime que 16 % de la population présente un état dépressif et 23 % un trouble anxieux.

Pour améliorer l’accès aux soins psychologiques et repérer plus tôt les souffrances mentales, l’État a lancé en 2022 l’expérimentation Mon parcours psy, rebaptisée Mon soutien psy en 2023. Ce dispositif est désormais pérenne et a été renforcé en 2024 et 2025. A qui s’adresse-t-il ? Que couvre-t-il ? On fait le point.

Qu’est‑ce que le dispositif Mon soutien psy ?

Mon soutien psy permet à toute personne dès l’âge de 3 ans souffrant d’une souffrance psychique légère à modérée (anxiété, déprime, stress, troubles du sommeil, troubles du comportement alimentaire ou consommation d’alcool, tabac ou cannabis sans dépendance) de bénéficier de séances d’accompagnement psychologique remboursées. Il est opérationnel depuis le 5 avril 2022 et s’inscrit dans la feuille de route de la santé mentale issue des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie de 2021.

Le dispositif offre 12 séances remboursées par année civile : une séance d’entretien d’évaluation en présentiel puis jusqu’à 11 séances de suivi, qui peuvent se dérouler à distance. Chaque séance est facturée 50 € et les dépassements d’honoraires sont interdits. L’Assurance maladie rembourse 60 % de ce tarif, soit 30 €, et la complémentaire santé peut couvrir les 40 % restants.

Certaines personnes (bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, de l’Aide médicale d’État, de soins liés à une affection de longue durée, accident du travail ou maternité après le 6ᵉ mois) bénéficient du tiers payant et n’avancent aucun frais. Les séances sont renouvelables chaque année après concertation entre le psychologue et un médecin.

Mon soutien psy : nombre de séances et tarif

Éléments clés Valeur
Séances remboursées par an 12 (1 séance d’évaluation + 11 de suivi)
Tarif par séance 50 €
Part remboursée par l’Assurance maladie 60 % (30 €)
Part pouvant être prise en charge par la mutuelle 40 % (20 €)
Surcoût possible Aucun dépassement d’honoraires

Qui peut bénéficier de Mon soutien psy ?

Le dispositif s’adresse à toute la population – enfants, adolescents, adultes – à partir de l’âge de 3 ans. Les personnes en souffrance psychique légère ou modérée sont concernées, par exemple lorsqu’apparaissent des troubles comme des peurs, angoisses, de la tristesse, des troubles du sommeil, une baisse de l’estime de soi ou un changement de comportement après un événement traumatisant.

L’accès est désormais direct, sans prescription obligatoire : depuis le 15 juin 2024, on peut prendre rendez‑vous directement avec un psychologue conventionné via l’annuaire Mon soutien psy, ou être orienté par un médecin ou une sage‑femme. Toutefois, consulter au préalable un médecin reste conseillé pour vérifier l’adéquation du dispositif. D’autant que votre généraliste peut rédiger un courrier d’accompagnement transmis au psychologue.

Le programme n’est pas adapté aux troubles sévères (dépression majeure, anxiété sévère, troubles du comportement alimentaire graves, neurodéveloppemental sévère, crise suicidaire ou dépendance aux substances) qui nécessitent une prise en charge par un psychiatre ou dans un centre spécialisé.

Attention : pour les mineurs, le consentement des deux parents est requis avant de débuter l’accompagnement.

Mon soutien psy : critères d’accès et exclusions

Critères Détails
Âge minimum 3 ans
Intensité des troubles Légère à modérée (anxiété, déprime, troubles du sommeil, consommation occasionnelle d’alcool/tabac/cannabis, TCA légers)
Prescription Non obligatoire depuis juin 2024 ; orientation par un professionnel de santé conseillée
Situations exclues Dépression ou anxiété sévère, TCA graves, trouble neurodéveloppemental sévère, crise suicidaire, dépendance aux substances
Particularités pour les mineurs Consentement des deux parents obligatoire

Quels sont les résultats et critiques du dispositif ?

Selon le ministère de la Santé, près de 600 000 patients ont bénéficié du dispositif Mon soutien psy et plus de 3,1 millions de séances ont été réalisées entre 2022 et 2025. Le nombre de nouveaux assurés ayant eu recours au dispositif a presque doublé entre fin 2023 et fin 2024. Une enquête BVA réalisée auprès des psychologues partenaires indique que 63 % des praticiens estiment que le dispositif a contribué au repérage précoce de troubles chez des personnes qui ne consultaient pas auparavant.

Pourtant, le programme fait l’objet de critiques. Des collectifs de psychologues et enseignants-chercheurs déplorent que seul un quart des patients atteignent la huitième séance, l’abandon moyen ayant lieu après 4,8 séances. Selon eux, le nombre de séances est insuffisant pour une prise en charge durable, et le tarif de 50 € est jugé trop faible pour couvrir un travail thérapeutique de qualité. Certains voient dans le dispositif un désengagement progressif de l’État en psychiatrie et une forme d’« ubérisation » du secteur. Les organisations professionnelles soulignent aussi la faible adhésion des psychologues libéraux, qui est l’une des raisons de la sous‑utilisation du dispositif pointée par le président de la République, Emmanuel Macron, en mai 2025.

Un rapport d’évaluation publié le 27 mars 2025 a proposé des pistes d’amélioration à Mon soutien psy : recruter davantage de psychologues conventionnés, mieux coordonner les interventions entre médecins et psychologues, évaluer l’impact du dispositif sur différentes populations (enfants, adolescents, étudiants), et dématérialiser le circuit de facturation, qui repose encore sur des feuilles de soins papier.

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